L'installation d'un système de climatisation traditionnel se heurte souvent aux restrictions des copropriétés interdisant la pose d'un groupe technique en façade. La climatisation sans unité extérieure, qu'elle soit mobile ou murale monobloc, représente l'alternative thermique idéale pour refroidir un appartement tout en respectant l'enveloppe du bâtiment et les règles communes.
Comment fonctionne la climatisation monobloc ?
Pour abaisser la température d'une pièce, un climatiseur n'injecte pas du froid, mais extrait les calories de l'air intérieur selon les principes éprouvés de la thermodynamique. L'appareil aspire l'air ambiant, le fait passer sur un évaporateur contenant un fluide frigorigène qui absorbe la chaleur latente, puis rejette l'air refroidi dans la pièce. La chaleur ainsi captée par le fluide doit impérativement être évacuée à l'extérieur via un condenseur. Dans un système monobloc, l'évaporateur et le condenseur sont intégrés dans le même châssis situé à l'intérieur du logement, ce qui modifie considérablement la dynamique de l'échange thermique par rapport aux systèmes split classiques.
La gestion des flux d'air : l'enjeu du conduit d'extraction
L'évacuation des calories s'effectue par un flux d'air chaud pulsé vers l'extérieur. Dans le cas d'un appareil mobile, un tuyau flexible traverse une fenêtre entrouverte ou un kit d'étanchéité textile. Pour les modèles muraux fixes sans unité extérieure, l'appareil est posé contre un mur donnant sur l'extérieur, et deux conduits traversent la maçonnerie pour assurer l'admission d'air frais et le rejet d'air chaud.
Le phénomène de dépression d'air
L'utilisation d'un système à simple conduit, très fréquent sur les appareils mobiles, crée une dépression dans la pièce. L'air expulsé vers l'extérieur doit être remplacé par de l'air provenant des pièces adjacentes ou des défauts d'étanchéité de l'enveloppe du bâtiment, comme les joints de portes, les fenêtres ou les grilles de ventilation passive. Cet air de renouvellement, souvent chaud et humide en période estivale, s'infiltre en continu et réduit l'efficacité thermodynamique globale de l'appareil. Pour pallier ce problème physique, les systèmes double conduit ou les monoblocs muraux fixes sont à privilégier : ils équilibrent les pressions en aspirant l'air nécessaire au refroidissement du condenseur directement depuis l'extérieur.
Contraintes d'installation et autorisations en copropriété
Le choix d'un équipement dépend directement de la configuration des lieux et des règles de vie collective. Un appareil mobile ne nécessite aucune démarche administrative puisqu'il s'agit d'une installation temporaire et réversible. En revanche, l'installation d'un monobloc mural fixe requiert le percement de deux orifices d'environ 150 à 200 mm de diamètre dans le mur de façade. Bien que discret grâce à des grilles extérieures peintes de la couleur de l'immeuble, ce percement modifie l'aspect extérieur du bâtiment et nécessite l'approbation de l'assemblée générale des copropriétaires. Il convient de faire analyser la composition du mur extérieur (béton banché, brique ou isolation par l'extérieur) afin de garantir la faisabilité technique du carottage.
Rendement énergétique et gestion de la condensation
La performance thermique d'un climatiseur sans groupe extérieur dépend étroitement de la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur. Pour maximiser le coefficient de performance, l'appareil doit fonctionner dans un environnement à l'étanchéité thermique optimisée.
L'évacuation des condensats
Lors du cycle de refroidissement, l'humidité contenue dans l'air ambiant se condense au contact de l'évaporateur froid. Dans un climatiseur portable standard, cette eau est collectée dans un réservoir interne qu'il faut vider régulièrement pour éviter l'arrêt de sécurité de la machine. Les modèles fixes haut de gamme intègrent généralement un système d'atomisation de l'eau, qui l'évapore directement dans le flux d'air chaud rejeté à l'extérieur, ou nécessitent un raccordement direct à une évacuation des eaux usées par gravité. L'anticipation de la gestion de ces eaux de condensation est indispensable pour prévenir tout risque de dégât des eaux ou d'infiltration dans les parois de l'appartement.